mercredi 25 novembre 2009

Wes Anderson, mon amour

Je n’ai absolument rien vu. Qu’une infime parcelle d’art, qu’un minime aperçu de ce qui a été fait, de ce qui peut se faire au cinéma. C’est donc en étant entièrement consciente de mon ignorance, de mes croûtes à manger, des milliers de classiques qu’il me reste à voir et de mon enthousiasme souvent trop débordant que je déclare aujourd’hui mon amour désormais inconditionnel pour Wes Anderson.

C’est probablement hormonal ou biologique. Son cinéma répond à tous mes besoins. Insérer un Wes Anderson dans mon lecteur DVD, c’est un peu comme, à la fois forcer ma mère à me bercer en me nourrissant de pâté au poulet, me faire violence en regardant les photos d’un être cher mort et m’appliquer un masque hydratant pour le visage. Et il sent vraiment bon. Se taper la filmographie d’Anderson, c’est en fait accepter d’être bousculée par l’efficacité de ses images et la douleur de ses personnages, tout en se laissant aspirer par leur quête, leur folie et leur discours, souvent si tendre.

Ayant comme thème de prédilection la famille, Anderson ne peut manquer sa cible. Explorant les maux multiples de l’enfance et des liens filiaux, il joue avec cet aspect de notre vie qui nous a tous déjà blessés. Personne ne sort intact de son enfance, ou de sa famille. Nos bobos, Anderson les gratte tous. La peur de la paternité, l’absence parentale, la dispersion et l’isolement des membres d’une famille, l’amour (le vrai, l’adulte) qui pourrait unir un frère et une sœur (demie), les liens de confiance rompus, le besoin de reconnaissance paternelle, tout est illustré à travers Rushmore, Bottle Rocket, The Life Aquatic with Steve Zissou, The Royal Tenenbaums, The Darjeeling Limited et Fantastic Mr. Fox, et ce, avec humour, fragilité et honnêteté.

Certes, le drame n’est pas absent de l’œuvre d’Anderson. Au contraire, les allusions au suicide se font graduellement insistantes dans The Life Aquatic with Steve Zissou, The Darjeeling Limited et The Royal Tennenbaums, film dans lequel ce thème atteint son apogée dans l’une des scènes les plus blessantes et envoutantes qu’il me fut donné de voir. Car tout peut blesser dans l’œuvre de ce maitre, heurter par tristesse et plus souvent encore par beauté. Ses décors, personnages mêmes, sont élaborés avec un souci du détail et de l’image apparent, nous offrant des tableaux colorés, dynamiques et singuliers. Il en va de même pour les costumes des protagonistes, tout droit sortis d’un conte pour enfants. L’enfance, on y revient même dans la forme.

Les films d’Anderson ont une âme. Ses personnages, élaborés avec son comparse Owen Wilson, sont d’une véracité époustouflante, et ce, malgré la poésie de leurs dialogues. Concis, un peu étranges, souvent existentiels, les discours prononcés s’inscrivent dans l’engrenage de beauté initié par la mise en scène. Une mise en scène qui est par ailleurs supportée par des procédés cinématographiques maîtrisés et judicieusement utilisés par Anderson, dont les toujours très attendus (de ma part) ralentis et les plans-séquences qui éventrent généralement une bâtisse pour nous démontrer la chasse et l’isolement des membres de ces familles à la dérive.
Ce qu’il y a de bien avec Wes Anderson, c’est que c’est de mieux en mieux. Sans jamais se perdre, il innove, il me surprend, il me charme.

Tomber amoureuse, c’est toujours agréable. Le crier sur tous les toits, ça décuple la joie.

samedi 21 novembre 2009

Une raison de plus pour vous convaincre de voir le prochain Guy Ritchie


“If Sherlock Holmes performs well, I could be busy for the next 5 or 7 or 10 years.” - Robert Downey Jr au sujet de sa retraitre, dans le magazine Entertainment Weekly.

Lien de la semaine

Pour ces jours où l'inspiration te boude: http://www.whattorent.com/.

Mon nouveau jeu préféré comprend d'exquises questions, est très pertinent et semble me connaître mieux que ma mère. Sans inscription, sans frais, que du bonheur.


mercredi 18 novembre 2009

Zombie Strippers ou la haine

Supposons que Georges W. Bush soit élu pour un quatrième mandat et que des scientifiques travaillant dans un laboratoire dirigé par l’état réussissent à développer un vaccin pour rendre les gens zombies. Qu’arrivera-t-il si ces zombies entrent dans un club de danseuses nues pour les mordre? Surviendront évidemment une quinzaine d’effeuillages perpétrés par des mortes-vivantes qui, entre leurs attaques, auront surtout très envie de danser lascivement dans leur plus simple appareil…

Tournée en 18 jours, Zombie Strippers est une pseudo comédie aux accents gore mettant en vedette l’iconique vedette de films pour adultes Jenna Jameson et Robert Englund, particulièrement connu pour son interprétation de Freddy Krueger. Par contre, leur talent n’est pas particulièrement mis en valeur par la direction de Jay Lee, la distribution de l’œuvre pouvant finalement se résumer à une poignée de mauvais acteurs et une dizaine de fausses poitrines.


Le jeu pitoyable des acteurs est doublé d’un scénario risible et libidineux, qui ne sert franchement que de prétexte à la nudité. Une nudité qui se veut d’ailleurs justifiée par une réalisation trash, mais Jay Lee manque définitivement d’originalité et de vision dans son traitement, nous contraignant à regarder un film plat qui cherche son propos, de même que son ton. Comédie? Horreur? Absurde? Difficile à dire, parce que manqué sur tous ces plans.


Zombie strippers est une insulte aux cinéphiles et aux réalisateurs qui ont su maîtriser le genre avec intelligence. Reste à savoir si la poitrine de Jenna Jameson saura vous inciter à regarder ce déchet jusqu’à la fin (mais j’espère que non).

dimanche 8 novembre 2009

La boxe pour les pauvres

Jeudi dernier, je vous ai recommandé deux excellents documentaires que vous pouvez regarder gratuitement grâce à youtube.

Pour ceux d'entre vous que n'auraient pas noté le nom de ces deux oeuvres sur la boxe, les voici: Assault in the ring et When we were kings.

Ça me fait plaisir.

The men who stare at goats

Absurde, drôle, intelligent, jouant avec brio avec notre notion de fiction, j'ai absolument adoré The men who stares at goats, de Grant Heslov (qui a fait un travail plus convaincant que dans True lies).

Bien moins moralisatrice que ce Guillaume peut en dire, la fin de ce film vaut de l'or.

George Clooney + Kevin Spacey + Ewan McGregor + Jeff Bridges = oui

Puis, bien que le film comporte un mineur problème de rythme, on ne peut en dire autant de Lyn Cassady, qui nous offre une scène de danse mémorable. Un film à voir, ne serait-ce que pour cette dernière.

En passant, le site officiel de l'oeuvre est beau et nous apprend tout plein de choses: http://www.themenwhostareatgoatsmovie.com/, visitez-le!

mardi 3 novembre 2009

Entendu au club vidéo de Farnham

Dame à la caisse: C'est bien Two Lovers?
Moi: Oui!
Dame à la caisse: Tu es certaine de vouloir le louer?
Moi: Oui, pourquoi?
Dame à la caisse: Je veux juste te dire que si tu trouves ça poche, tu le rapportes, je te rembourse.
Moi: ...ok.
Dame à la caisse: Ils l'ont tous fait!